Le cancer du sein reste l’une des formes de cancer les plus fréquentes au monde, avec environ 2,3 millions de nouveaux cas chaque année en 2022 selon l’OMS. Malgré les progrès thérapeutiques, les traitements comme la chimiothérapie sont souvent associés à des effets secondaires graves et peuvent endommager les tissus sains.
Une découverte scientifique publiée en décembre 2025
Un travail publié dans le International Journal of Molecular Sciences révèle qu’un extrait spécifique de Cannabis sativa (obtenu avec du dichlorométhane, appelé « DCM ») possède une activité anticancéreuse puissante contre les cellules du cancer du sein in vitro, tout en étant nettement moins toxique pour les cellules normales.
Comment fonctionne cet extrait de cannabis
L’étude a comparé l’effet du Cannabis DCM extract sur des cellules agressives de cancer du sein (MDA‑MB‑231), des cellules tumorales moins agressives (MCF‑7) et des cellules humaines saines (fibroblastes Hs27). MDPI
1. Une toxicité sélective envers les cellules cancéreuses
Les résultats montrent que l’extrait inhibe la survie des cellules cancéreuses dans un mode concentration‑dépendant, avec des valeurs IC₅₀ significatives :
75,46 μg/mL pour MDA‑MB‑231
78,68 μg/mL pour MCF‑7
En revanche, l’extrait reste beaucoup moins toxique pour les cellules saines (IC₅₀ ≈ 142,26 μg/mL). MDPI
Un indice de sélectivité (SI) supérieur à 1 indique que l’extrait attaque les cellules tumorales plus fortement que les cellules normales. MDPI
2. Une action en trois attaques biologiques
Stress oxydatif augmenté
Les cellules cancéreuses utilisent des enzymes (comme SOD et GSH) pour se protéger du stress oxydatif. L’extrait de cannabis réduit ces défenses et accumule les espèces réactives (ROS) dans la cellule jusqu’à un seuil toxique. MDPI
Activation de l’apoptose (mort cellulaire programmée)
L’extrait stimule des protéines clés de l’autodestruction cellulaire :
p53 – le « gardien du génome »
Caspases‑8 et ‑9 – enzymes qui fragmentent la cellule de l’intérieur
Ce processus est une apoptose contrôlée, différente de la mort accidentelle par nécrose, ce qui explique l’élimination ordonnée des cellules cancéreuses. MDPI
Blocage de la migration (anti‑métastatique)
Les cellules cancéreuses utilisent des enzymes « ciseaux » (MMP‑1 et MMP‑9) pour envahir les tissus environnants. L’extrait réduit l’expression de ces enzymes ainsi que celle de TGF‑β, une protéine qui favorise l’invasion tumorale.
Composition : ce qui rend l’extrait si efficace
L’étude a identifié plusieurs familles de molécules dans l’extrait DCM :
Cannabinoïdes : cannabidiol (CBD), acide tétrahydrocannabinolique (THCVA), cannabinolique
Terpénoïdes : vomifoliol, 3‑épizaluzanin C, feniculin
Stéroïdes
La combinaison unique de ces éléments — souvent appelée effet d’entourage — semble être la clé de l’activité anticancéreuse observée.
Perspectives et limites
Cette recherche ouvre une nouvelle piste thérapeutique potentielle, offrant une approche multi‑frontale contre le cancer du sein avec une toxicité limitée pour les cellules saines. MDPI
Ce qu’il reste à faire
-Valider ces résultats dans des modèles animaux
-Mener des essais cliniques chez l’humain
-Déterminer des formulations pharmaceutiques efficaces
L’étude sur l’extrait dichlorométhane de Cannabis sativa représente une avancée scientifique importante dans la recherche anticancéreuse. Elle illustre comment des composés naturels, au‑delà du CBD isolé, peuvent influencer des processus biologiques complexes impliqués dans la prolifération, la survie et la migration des cellules tumorales. MDPI
Bien qu’il soit trop tôt pour parler de traitement disponible, ces résultats sont prometteurs et renforcent l’intérêt pour les extraits de cannabis en oncologie — non seulement comme complément, mais potentiellement comme traitement ciblé à l’avenir.