L’histoire du cannabis alimentaire remonte à plusieurs millénaires, bien avant qu’il ne devienne un sujet de débat législatif ou un ingrédient tendance. Utilisé pour ses graines nutritives, ses fibres et ses fleurs aux propriétés médicinales, le cannabis a accompagné l’humanité dans ses traditions culinaires à travers les âges.Cultivé aux quatre coins du monde, il a été utilisé pour ses fibres robustes, ses graines nutritives et ses fleurs aux propriétés médicinales. Le cannabis est à la fois une plante agricole, un ingrédient culinaire et, dans certaines cultures, un élément spirituel ou rituel.
Son histoire culinaire traverse les continents et les époques : des bouillies nutritives consommées dans la Chine antique aux pâtisseries au haschisch prisées par les artistes parisiens du XIXe siècle, en passant par les préparations modernes au CBD. Cet héritage, à la fois riche et méconnu, mérite d’être redécouvert.
Les premières traces dans l’histoire du cannabis alimentaire
Les archives archéobotaniques et les textes anciens montrent que le cannabis est cultivé depuis plus de 6 000 ans, ce qui en fait l’une des plus anciennes plantes domestiquées. Dans l’histoire du cannabis alimentaire, la Chine occupe une place centrale. Ses graines — appelées ma zi — étaient considérées comme une source alimentaire importante. Elles étaient consommées comme céréales, grillées ou bouillies, et parfois moulues pour préparer des bouillies riches en protéines. Le Shennong Bencao Jing, un ouvrage médical chinois datant d’environ 2 000 ans, mentionne déjà ses vertus nutritives et médicinales.
En Inde, les fleurs de cannabis entraient dans la composition du bhang, boisson traditionnelle à base de lait, d’épices et de cannabis, encore consommée aujourd’hui lors de célébrations comme Holi et Maha Shivaratri. Cette boisson n’était pas seulement récréative : elle faisait partie d’un rituel spirituel censé favoriser la relaxation et la méditation.
En Égypte et en Mésopotamie, si les preuves sont moins nombreuses, certaines découvertes archéologiques montrent que les graines de cannabis pouvaient être intégrées dans l’alimentation ou utilisées pour préparer des onguents et remèdes. Ce double usage — alimentaire et médicinal — est une constante dans l’histoire de la plante.
Le Moyen Âge et la Renaissance : le chanvre paysan
En Europe médiévale, le chanvre était l’une des cultures les plus répandues, au même titre que le lin ou le blé. Son usage principal était textile : on en tirait des cordages solides pour les navires, des voiles, des filets et des tissus résistants. Mais en parallèle, ses graines étaient consommées dans les foyers ruraux, en particulier pendant les périodes de disette.
Les graines de chanvre, une fois moulues, donnaient une farine légèrement grasse et au goût de noisette. Elles étaient mélangées à d’autres farines pour préparer des galettes ou ajoutées à des potages pour les enrichir. Dans certaines régions, on préparait même une soupe épaisse à base de graines de chanvre pilées, parfois agrémentée d’herbes sauvages.
Ces plats, simples et nourrissants, étaient très prisés des populations modestes, car le chanvre poussait facilement, ne demandait que peu d’entretien et offrait un rendement élevé.
XIXe – début XXe : entre gastronomie et interdictions
Le XIXe siècle voit émerger une autre facette du cannabis culinaire, plus sophistiquée et urbaine. À Paris, le célèbre Club des Hashischins, fréquenté par des figures comme Baudelaire, Gautier ou Dumas, se réunissait à l’Hôtel de Lauzun pour goûter à des préparations au haschisch. Celles-ci étaient souvent intégrées à des confiseries ou des pâtisseries d’inspiration orientale, comme la dawamesk, pâte sucrée parfumée d’épices, de pistaches et d’extraits de cannabis.
Ces expériences relevaient autant de la gastronomie que de la quête artistique, les convives cherchant à stimuler leur imagination par des moyens sensoriels.
Cependant, au tournant du XXe siècle, un vent prohibitionniste souffle sur le monde occidental. Les premières lois restreignant l’usage du cannabis apparaissent, d’abord pour encadrer ses formes fumées et psychoactives, mais l’effet d’entraînement conduit aussi à un recul de ses usages alimentaires. En quelques décennies, la plante disparaît presque complètement de la table des Occidentaux.
Renaissance contemporaine du cannabis dans l’alimentation
À partir des années 1990, le chanvre industriel (variétés pauvres en THC) bénéficie d’un regain d’intérêt, porté par la recherche d’une agriculture durable et polyvalente. Sa culture est réautorisée dans plusieurs pays européens, et ses produits dérivés retrouvent une place sur le marché. Les graines et l’huile de chanvre séduisent les amateurs de nutrition saine, grâce à leur profil exceptionnel en acides gras essentiels, protéines et fibres. Elles s’intègrent dans des salades, smoothies, granolas, pains et même dans des plats gastronomiques.
Dans les années 2010, le CBD (cannabidiol) émerge comme un nouvel ingrédient culinaire. Sans effet psychotrope, il est incorporé dans des huiles aromatisées, des boissons infusées, des chocolats et des pâtisseries. Cette vague contemporaine reconnecte, d’une certaine manière, avec les traditions anciennes où le cannabis n’était pas seulement un textile ou une drogue, mais aussi un aliment et un remède.
L’histoire du cannabis dans la cuisine est une mosaïque d’usages, allant du champ paysan à l’élite littéraire, de la soupe rurale au dessert raffiné, de l’aliment de survie à la tendance gastronomique.
Aujourd’hui, alors que la plante retrouve une image plus positive dans de nombreux pays, elle continue de relier les champs à nos assiettes, tout en portant avec elle un héritage millénaire. Qu’il s’agisse de graines croquantes dans un muesli, d’une huile délicate sur une salade ou d’une gourmandise infusée au CBD, chaque bouchée est un petit morceau d’histoire.
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